Signalé le 2 décembre 2025 à proximité d’une école primaire, un homme porteur d’une arme avait déclenché une opération policière à Nancy. L’enquête a finalement permis de relier cet épisode à une violente extorsion commise quelques minutes plus tard. Quatre suspects ont été interpellés début février et présentés à la justice.
L’alerte avait suscité une vive inquiétude dans le quartier de cet établissement scolaire. Le 2 décembre 2025, vers 17 heures, un individu porteur d’une arme d’épaule avait été signalé rue de Metz à Nancy à proximité de l’école Alfred Mézières. Un important dispositif policier est alors déployé, tandis que les premiers témoignages indiquaient que l’homme était entré dans un immeuble d’habitation avant d’en ressortir pour rejoindre d’autres individus l’attendant dans un véhicule. « Ces individus, dont le visage était en grande partie dissimulé, avaient ensuite pris la fuite. Aucun coup de feu n’avait été tiré », précise François Capin-Dulhoste, Procureur de la République de Nancy. .
L’enquête, confiée à la division de la criminalité territoriale (DCT) de la DIPN de Meurthe-et-Moselle, a permis rapidement d’établir un lien avec une autre affaire. Quelques minutes après les faits survenus rue de Metz, un commando de trois hommes s'étaient présentés au domicile d’une femme, rue de Saurupt, également à Nancy.
La victime les décrivait comme armés « d’un fusil à pompe, d’un fusil d’assaut et d’un couteau ». Elle était bâillonnée, ligotée et dépouillée de « numéraire, des objets multimédias et sa carte bancaire ». Les agresseurs lui faisaient remettre le code de cette dernière et tentaient « plusieurs virements et achats à distance et dans les bureaux de tabac alentours ». Selon la victime, « ils semblaient s’être trompés d’adresse et cherchaient du produit stupéfiant ».
Quatre hommes interpellés avec le soutien du RAID
Les deux procédures étaient jointes, souligne le magistrat. Après « une enquête extrêmement minutieuse », fondée notamment sur des investigations téléphoniques, des auditions de témoins et des analyses génétiques, quatre hommes sont interpellés le 3 février, avec le soutien du RAID, puis placés en garde à vue. Ils sont déférés le lendemain devant le juge des libertés et de la détention.
Le premier mis en cause, soupçonné d’avoir joué le rôle de chauffeur, âgé de 27 ans, est placé sous contrôle judiciaire. Il devra répondre notamment de « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni de 10 ans d’emprisonnement » et de « dégradation ou détérioration d’un bien appartenant à autrui, en l’espèce en fracturant une porte d’entrée ». Son casier judiciaire comporte déjà plusieurs condamnations pour des délits routiers et un usage de stupéfiants.
Les trois autres sont placés en détention provisoire et poursuivis des mêmes chefs, auxquels s’ajoute celui d’« extorsion avec violences ayant entraîné une incapacité totale n’excédant pas huit jours, en l’espèce sept jours ». Le plus jeune, âgé de 18 ans, est en état de récidive légale, après trois condamnations pour violences aggravées et vols aggravés. Le plus âgé, né en 1998, présente un casier judiciaire vierge. Le troisième, âgé de 23 ans, placé sous curatelle, compte cinq condamnations, notamment pour vols aggravés et menaces de mort, et se trouve également en récidive légale.
L’affaire doit être examinée lors de l’audience de comparution immédiate du tribunal correctionnel prévue ce vendredi 6 février.









