L’annexe de l’Hôtel de Police de Nancy a été officiellement baptisée du nom de Maurice Grosjean, officier de paix mort en service en 1970. Une cérémonie marquée par l’émotion, en présence de sa famille, et par la remise de médailles à des policiers de la DIPN 54 pour actes de courage et de dévouement.
Cinquante-six ans, jour pour jour, après sa mort en service, un bâtiment de police porte désormais officiellement le nom de Maurice Grosjean. Livré en juin dernier, l’édifice, annexe de l’Hôtel de Police de Nancy, regroupe plusieurs services sur plus de 1 200 m², et vise à perpétuer le souvenir de cet ancien CRS, commandant par interim au corps urbain, officier de paix à Nancy, tué le 24 mars 1970, à 33 ans, lors d’une intervention face à un homme armé retranché rue Grandville.
Autour du carré protocolaire et des musiciens de la Police nationale dont l'antenne est implantée à Vélizy (78), un aréopage de personnalités étaient présentes, élus, policiers en activité, retraités, mais aussi proches de Maurice Grosjean. Avec au premier rang, sa famille, sa veuve, enfants et petits enfants qui vivent depuis plus d’un demi-siècle avec son absence. Au cours des allocutions, le fils de Maurice Grojean, Christophe, s'est exprimé, la voix chargée d’émotion : « Prendre la parole aujourd’hui, 56 ans, jour pour jour (…) est pour moi, son dernier fils, une émotion que les mots peinent à contenir ». Il raconte un homme plus qu’un uniforme, « pas seulement un officier de paix, mais un bâtisseur de paix », tout en évoquant « le sacrifice de soi pour le salut de l’autre ».
Malgré le poids des années, l’histoire reste brutale, elle s'inscrit à Nancy au printemps 1970. Ce jour-là un homme débouté pour une allocation revient armé, tire sur un employé, puis se retranche dans un immeuble du centre. La fuite par les toits, une tension qui monte, puis un tir en direction des policiers, et Maurice Grosjean s’effondre, touché à la tête. Il succombera à ses blessures. Le tireur sera abattu peu après. Le reste appartient à la mémoire collective de la police.
Dix-huit médailles pour actes de courage et de dévouement
Dans le prolongement de cet hommage, dix-huit médailles pour actes de courage et de dévouement ont été remises ce mardi par Yves Séguy, le préfet du département, Frédéric Laissy, directeur de la DIPN 54 et Matthieu Ringot, préfet délégué pour la défense et la sécurité Grand Est. Ces distinctions saluaient des interventions récentes illustrant le quotidien à haut risque des forces de l’ordre. Parmi lesquelles, la maîtrise in extremis d’un homme armé rue de Villers à Nancy par la BAC de jour, l’évacuation de résidants lors d’un incendie rue Pierre Villard par l’unité de secours de nuit, l’arrachage d’une grenade à un individu dans le Pays-Haut, ou encore le sauvetage d’un homme menaçant de se suicider sur la RN52 dans la circonscription de Longwy.
En donnant son nom à ce bâtiment, la police rend hommage à Maurice Grosjean, mais aussi aux valeurs qu’il incarnait. « Ce bâtiment devient désormais un jalon sur le chemin de la paix », a expliqué son fils, rappelant que « derrière l’uniforme, il y a un homme qui doit viser l’exemplarité, la tempérance et le courage ».
Un message pour les policiers à poursuivre leur mission avec le sens du devoir et du service public. « Associer ce nouveau site à sa mémoire, c’est rappeler que la police nationale est une chaîne humaine dont chaque maillon compte », a souligné le préfet de Meurthe-et-Moselle qui a appelé à ce que « cet héritage soit (...) une source de fierté et une exigence de probité ».












