MUNICIPALES NANCY #6. Quels sont les projets des candidats en matière de mobilités urbaines ? Avant le premier tour des élections municipales qui se déroulera ce dimanche 15 mars, on a posé la question aux six candidats têtes de liste. Tour d’horizon des propositions.
Développement des parkings relais, extension de la gratuité des transports en commun... A quelques jours des municipales, les six têtes de liste, Laurent Hénart (Nancy avec vous), Mathieu Klein (Nancy grandit), Emmanuel Lacresse (Nancy en avant), Christiane Nimsgern (Lutte ouvrière), Sarah Farghaly (Liste Nancy Insoumise), Laurent Watrin et Sylvain Mariette (Nous Nancy 2026) ont accepté de répondre à une série de questions autour de dix grandes thématiques : sécurité, culture, pouvoir d’achat, santé, commerce, mobilités, environnement, logement, attractivité et démocratie.
Pour cette sixième séquence filmée à la médiathèque de Nancy et consacrée aux mobilités des Nancéiens, chaque candidat devait présenter dans les grandes lignes et en une minute ses priorités. Des réponses à retrouver intégralement en vidéos sur la playlist "Municipales 2026" de Ici C Nancy sur Youtube.
« Penser d’abord aux plus vulnérables »
Pour Laurent Watrin, la priorité doit aller aux habitants les plus fragiles. « Il faut d’abord penser aux plus vulnérables d’entre nous. Je pense notamment aux personnes vieillissantes, en situation de handicap ou en difficulté pour les déplacements ».
Sa première proposition consiste à « repenser à un réseau de minibus maillé au plus près des habitants les plus vulnérables ». Il plaide également pour développer l’autopartage. « Les voitures personnelles deviendront demain, on en est quasiment certains, des éléments de l’offre de transport urbain global », estime-t-il, jugeant que cela permettrait à la fois de limiter le nombre de véhicules en ville et de réaliser « des économies », évoquant une question « de pouvoir d’achat ». Enfin, le candidat propose de développer des parkings relais, notamment dans les zones commerciales périphériques, et évoque la création d’« un parking silo sur le secteur de la tour Kennedy » afin de limiter la circulation automobile dans le centre.
Poursuivre la transformation du réseau
Le maire sortant Mathieu Klein défend le bilan de son mandat. « Les mobilités ont été au cœur du mandat qui s’achève et elles le seront également pour le mandat prochain », assure-t-il. Après la transformation de la ligne 1 du trolleybus, il annonce vouloir lancer celle de la ligne 2, « qui sera également entièrement décarbonée ». Le projet inclut une transformation de la rue Saint-Dizier, qui serait « apaisée, accessible aux transports en commun, aux vélos, avec des trottoirs élargis ».
Le maire promet également « deux mille stationnements supplémentaires en parking relais » pour faciliter l’accès aux transports en commun. Il insiste aussi sur la place des piétons, avec l’extension des zones piétonnes et « un plan Nancy marchable pour faire en sorte que lorsque vous marchez en ville, vous soyez en toute sécurité ».
Suspendre certains chantiers
Laurent Hénart promet de revoir l’organisation de la circulation. « Sur la mobilité, nous voulons d’abord arrêter la multiplication des chantiers sans fin », explique-t-il. Il cite notamment les restrictions envisagées pour plusieurs axes et places du centre-ville et affirme que « tous ces chantiers […] qui ne sont pas voulus par les riverains, nous les suspendrons et nous mettrons au point un nouveau plan de circulation ».
Ce plan serait élaboré « quartier par quartier » et soumis à l’approbation des habitants. Le candidat propose aussi d’ouvrir davantage de stationnements résidentiels et de renforcer les transports collectifs, notamment via « le projet de tram-train », qui permettrait selon lui de relier plus efficacement la métropole et ses alentours.
Rouvrir des axes à la circulation
Emmanuel Lacresse promet plusieurs mesures pour fluidifier le trafic : « Nous rouvrirons la rue de Verdun dans les deux sens », assure-t-il, évoquant également l’entretien du tunnel Charles-III et la remise en circulation de certains axes. Selon lui, la fluidité automobile permettrait aussi d’améliorer l’efficacité des transports collectifs : « À partir du moment où on n’a pas de bouchons, on a des transports en commun plus fluide ». Il défend également l’idée de « recentrer la ville », notamment en rapprochant certains services et établissements du centre.
Développer les alternatives à la voiture
« La mobilité est un enjeu central à Nancy », explique Sarah Farghaly qui appelle à « développer toutes les mobilités alternatives à la voiture ».
La candidate souhaite renforcer les transports publics et les mobilités douces : voies cyclables, trottoirs accessibles et amélioration de l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Elle propose également de renforcer les lignes secondaires du réseau de transport.
Elle défend enfin une politique tarifaire élargissant la gratuité aux étudiants, aux jeunes actifs de moins de 26 ans, aux personnes en situation de handicap et aux plus précaires.
La critique de la logique « capitaliste »
Pour Christiane Nimsgern « La logique de la société capitaliste a favorisé la voiture individuelle par rapport au transport collectif, ce qui entraîne l’engorgement des villes », affirme-t-elle. Elle estime que la gratuité des transports en commun pourrait résoudre une partie des problèmes, mais pointe les contraintes budgétaires des collectivités locales. « Il faut arrêter de subventionner le grand patronat pour consacrer l’argent de nos impôts à ce qui est utile à la population »
.







