MUNICIPALES NANCY #5. À quelques jours du scrutin municipal, quels sont les grands projets liés au commerce voulus par les candidats pour Nancy ? On a posé la question aux six candidats têtes de liste. Tour d’horizon des propositions.
A quelques jours des municipales, les six têtes de liste, Laurent Hénart (Nancy avec vous), Mathieu Klein (Nancy grandit), Emmanuel Lacresse (Nancy en avant), Christiane Nimsgern (Lutte ouvrière), Sarah Farghaly (Liste Nancy Insoumise), Laurent Watrin et Sylvain Mariette (Nous Nancy 2026) ont accepté de répondre à une série de questions autour de dix grandes thématiques : sécurité, culture, pouvoir d’achat, santé, commerce, mobilités, environnement, logement, attractivité et démocratie.
Pour cette cinquième séquence filmée à la médiathèque de Nancy et consacrée au commerce, chaque candidat devait présenter dans les grandes lignes et en une minute ses priorités. Leurs réponses par thématiques sont à retrouver intégralement en vidéos sur la playlist "Municipales 2026" de Ici C Nancy sur Youtube.
Favoriser l'installation de commerces indépendants
Pour le maire sortant Mathieu Klein, l’enjeu est d’abord de renforcer l’attractivité commerciale du centre-ville face à la concurrence du commerce en ligne. « Le commerce de centre-ville est un défi pour toutes les villes en France et nous devons aujourd’hui mieux répondre à la concurrence de l’achat en ligne, favoriser l’implantation de commerces indépendants, de commerces originaux dans nos cœurs de ville, faire du marché central ou refaire du marché central la vraie locomotive commerciale du centre-ville. »
L’édile socialiste mise notamment sur la rénovation de la halle du marché central et sur de nouveaux dispositifs incitatifs.
« Nous voulons travailler avec les commerçants sur un système incitatif. J’achète dans un commerce de proximité, j’ai une prise en charge totale ou partielle de mon stationnement », explique-t-il, évoquant également le projet de « Grand Carreau », un marché d’intérêt local destiné à renforcer la présence de produits régionaux dans l’alimentation des habitants.
Embellir la rue Saint-Dizier
Ancien maire de la ville, Laurent Hénart se montre plus critique sur le bilan actuel. « Le commerce nous inquiète beaucoup parce qu’au-delà de la tendance nationale, à Nancy, la vacance commerciale a augmenté ». Selon lui, la ville doit agir sur plusieurs fronts : rénovation du marché central, dynamisation du centre commercial Saint-Sébastien et requalification de certaines artères commerçantes.
« Ça veut dire aussi embellir la rue Saint-Dizier, planter des arbres, faire de beaux trottoirs, un bel éclairage pour que cette rue soit un vrai lien commerçant entre le plateau du marché et puis l’ensemble dominicain Gambetta ».
L’ancien maire propose également de faciliter l’accès au centre-ville, avec « les samedis à 2 euros dans les parkings pour toute la journée », ainsi qu’une amplification de la taxe sur les locaux vacants afin de permettre l’installation de commerces à l’essai pour de jeunes entrepreneurs.
Rouvrir les accès au centre-ville
Pour Emmanuel Lacresse, la priorité est d'améliorer l’accessibilité du centre-ville. Il estime que les restrictions de circulation ont fragilisé l’activité commerciale. « Le problème à Nancy, c’est vraiment accéder avec des voitures pour les familles, pour tous ceux qui viennent dans cette capitale régionale du commerce. Il faut rouvrir des grands axes, des grandes artères ».
S’il affirme ne pas vouloir revenir sur la piétonnisation, il promet néanmoins des ajustements. « On mettra en double sens le centre de Grande-Rue (…) On mettra aussi le double sens de circulation sur le pont de la gare ».
Le candidat veut également limiter l’implantation de grandes surfaces en périphérie, jugées concurrentes du marché central.
Une critique radicale du système économique
Candidate de Lutte ouvrière, Christiane Nimsgern adopte une lecture beaucoup plus globale du problème. « Parce qu’ils sont en quantité limitée, les locaux commerciaux dans les centres-villes sont des objets de spéculation. Le but pour les investisseurs étant de faire le maximum d’argent ». Selon elle, les loyers élevés fragilisent les commerçants et conduisent à des fermetures en chaîne. Mais la candidate juge les marges d’action municipales limitées. « Avec ces moyens limités, une municipalité ne peut pas faire grand-chose contre ces lois du capitalisme qui jouent aujourd’hui contre les commerçants ». Elle appelle ainsi les commerçants à s’allier avec les salariés « contre ce système économique qui écrase les uns et les autres ».
Un marché d’artisans locaux pour Laurent Watrin
Pour Laurent Watrin, représentant de la liste Nous, Nancy 2026, la priorité est d’écouter les commerçants et de redonner de la place au commerce de proximité. Il propose notamment la création d’un marché permanent consacré aux artisans et créateurs locaux. « Installer un marché permanent d’artisans, de créateurs, de commerçants de proximité qui ont leur activité locale, nancéienne, patrimoniale lorraine ».
Le candidat souhaite également renforcer le rôle de la société d’économie mixte Nancy Défi pour faciliter l’installation de commerçants dans les cellules vacantes et développer un réseau social territorial numérique pour promouvoir l’offre locale.
Le foncier commercial et les quartiers pour la liste Nancy Insoumise
Enfin, pour Sarah Farghaly, candidate de La France insoumise, la ville doit agir directement sur le foncier commercial afin de protéger les commerces indépendants. « Nous avons à cœur de conserver des commerces de proximité, des petits commerces indépendants dans notre ville ».
Elle propose notamment que la municipalité préempte certains baux commerciaux afin de favoriser l’installation d’artisans plutôt que de grandes chaînes. « Favoriser l’implantation de boulangeries artisanales, par exemple, plutôt que celles de grandes chaînes qui, aujourd’hui, ont pignon sur rue, y compris dans le centre-ville »
La candidate insiste aussi sur la nécessité de mieux répartir les commerces dans les quartiers périphériques, citant notamment le Haut-du-Lièvre ou Haussonville, où l’offre de proximité s’est raréfiée.







