Plaqué par sa femme, Olivier, chef d’équipe et syndicaliste, doit assumer seul le quotidien familial. À savoir : la détresse de ses deux enfants et sa culpabilité. Pas simple et douloureux. Un second long métrage où Guillaume Senez, réalisateur franco-belge, a puisé dans sa propre expérience conjugale.

Dans ce film, Laura, l’épouse, part sans un mot. Et jusqu’au bout, on ignorera pourquoi. Même chose dans votre cas ?

Guillaume Senez : Non. Mon ex-épouse et moi nous nous sommes séparés, mais entretenons de bons rapports et assumons la garde alternée. Ce qui m’importe ici c’est de transmettre une émotion d’où peut naitre une forme de réflexion. C’est donc un sentiment de ressenti.

Beaucoup de femmes en situation semblable, jonglent avec enfants, travail et des ex oubliant la pension alimentaire. En quoi un homme, dans ce cas, serait-il plus héroïque ?

G.S. : Ce n’est pas plus héroïque. En revanche, demeure un tabou : celui d’une femme qui abandonne ses enfants. D’où, au départ, violente réaction des lecteurs de notre scénario. Ce qui, en fait, nous a boostés. Avec ma coscénariste, Marie Despléchin, nous avons donc décidé de ne pas condamner le personnage de la mère. Et de continuer à l’aimer.

Pour quelle raison ?

G.S. : Parce qu’il nous semble important de défendre la liberté d’une femme de quitter son foyer. Et ce, sans la juger ni la condamner. C’est pourquoi rien n’est dit sur ses motivations. Mais elle continue à exister dans l’esprit de ses proches.

Le départ maternel semble plus affecter la petite fille de 5 ans que son frère de 9 ans. Question d’âges d’après vous ?

Romain Duris : La différence d’âge joue certainement. La petite subit un traumatisme qui se traduit par son mutisme et le pipi au lit. Et pourtant, je me méfierais presque plus du gamin qui encaisse et garde tout en lui. En tant que père moi-même, sa douleur, plus intérieure, m’inquiéterait davantage. Car une disparition maternelle quand on a 9 ans, ça peut faire des dégâts. Les deux, de toute façon, nécessitent à ce stade beaucoup d’attention.

Guillaume Senez ne donne jamais les dialogues à ses acteurs. Un handicap ou un atout ?

R.D. : Pas un handicap. Car ainsi, on imagine, on invente, on est plus généreux avec l’autre. Ça donne de l’énergie aussi. Et moi j’aime bien les personnages qui ont un combat à mener. C’est pourquoi j’ai beaucoup aimé jouer avec Laetitia Dosch, car elle est très inventive.

Votre filmographie, c’est 5 nominations au César et surtout 49 films en 24 ans dont 12 ayant dépassé le million de spectateurs comme « L’Arnaqueur ». Quel regard portez-vous sur ce parcours exceptionnel ?

R.D. : Je pourrais effectivement me dire : « Ben, c’est pas mal, pourquoi s’angoisser ?». Mais le terme carrière m’a toujours tourmenté. Je prends donc les choses comme elles viennent. Car je suis plus nerveux que ça, plus sur le moment et j'ai besoin de projets qui me mettent en ébullition. Comme « Nos batailles » justement.     


Fiona FRANCHI                  

Sortie du film : 3 octobre 

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